
Jean-Marie Périer
EXPOSITION
“LES SIXTIES” du 12 décembre 2002
au 6 février 2003
Né à
Neuilly en 1940, Jean Marie Périer a passé son enfance chez
son père, le comédien François Périer. Il commence
sa carrière de photographe en 1956 comme assistant de Daniel Filipacchi
-lui-même photographe à Marie Claire- jusqu'en 1960. Parallèlement
il est photographe pour Jazz magazine, Paris-Match, et Télé7Jours.
De 1962 à 1974, il fait des photos pour le Journal Salut les Copains,
côtoyant ainsi tous les musiciens et les artistes des années
60. Il en garde le souvenirs d'une époque de liberté et de gaité,
teintées d'une insouciance qui de nos jours n'est plus de mise. En
1966, il réalise son premier téléfilm pour les Dossiers
de l'Ecran à Antenne 2: Les Enfants du Palais, d'après un texte
de Michel Cournot. François Périer en est l'acteur principal.
Ce film relate la journée d'un juge pour enfants déliquants.Vers
la fin des années 60, il réalise trois films de 52 minutes pour
la Télévision: le premier à Londres sur Françoise
Hardy, le deuxième sur Georges Brassens, et le troisième sur
Gilbert Montagné.
En 1968, il se lance dans le film publicitaire avec Canada Dry. Il n'a plus
cessé d'en faire depuis. En 1969, il tourne son premier long-métrage
en Guyane, pour la Columbia Pictures. Son frère Marc y tiens le rôle
d'un adolescent de la DDASS qui part à la recherche de son Grand-Père,
un ancien bagnard. On y voit aussi la chanteuse Dani interprétant un
rôle. L'équipe technique se compose de quatre personnes en tout,
Jean Marie Périer compris ! Tout en descendant le Maroni en pirogues,
Jean Marie Périer et Jacques Lanzman écrivent le soir les scènes
qu'ils vont tourner le lendemain.
En 1974, il parvient à faire tourner Jacques Dutronc dans Antoine et
Sébastien. C'est le premier film de Dutronc. Jean Marie Périer
attend ce moment-là depuis longtemps. Notons que François Périer
y tient l'autre rôle principal. Avoir la chance de faire tourner son
père et son meilleur ami reste un de ses plus beaux souvenirs. A cette
époque il arrête la photographie pour ne la reprendre que vingt
en plus tard. En 1978, il réalise un film écrit avec Pascal
Jardin : Sale Rêveur, avec Jacques Dutronc et Léa Massari dans
les rôles principaux.
En 1979, il s'emballe pour le groupe Téléphone : ce qui donne
naissance à un long métrage intitulé Téléphone
public, qui représenta la France au Festival de Cannes en 1980. Le
1er janvier de la même année, il part pour les Etats Unis avec
une cassette de films publicitaire sous le bras. Il y reste dix ans. De la
marque Ford à Coca Cola, en passant par tous les produits possibles
et imaginables, il a réalisé plus de 600 films publicitaires.
Durant ces années il a fait trois clips antidrogue : 1986 "La
drogue, c'est la merde"; film décrié par certains, mais
"estimé" utile selon Jean Marie Périer. En 1987, le
clip a été réalisé avec l'aide de Michel Platini,
et en 1990, c'est le jeune Benicio Del Toro, alors inconnu, qui incarne la
lutte contre la drogue.
Autre réalisation : un clip pour l'association Perce-neige, tourné
afin d'aider Mme Venture (la femme de Lino Venture) dans son actions pour
les handicapés.
Jean Marie Périer aime mentioner ces petits films car il est heureux
de les avoir fait. Depuis, il vit entre Los Angeles et l'Europe, réalisant
des photos pour différents journaux tels que le Elle, Paris Match ou
le Figaro Magazine. Récemment il a publié deux albums de photogaphies
sur les années 60 : "Mes Années 60" et "Flash"
aux éditions Filipacchi. On peut voir ses oeuvres de photographies
exposées actuellement à la Mairie de Paris et à la Galerie
Acte 2.
"L'idée
m'était venue de faire une exposition pour la sortie de mon livre "FLASH".
N'étant pas le chouchou des instances officielles de la photographie
française, je savais que je n'obtiendrai jamais d'elles une salle digne
de mon ambition. Il faut savoir qu'en France, pour être reconnu, d'abord
il vaut mieux faire du noir et blanc, ensuite il est bon ton de montrer le
tragique du monde (genre petites indiennes qui pleurent ou squelettes de chameaux
morts) ou bien il faut donner dans le porno-chic. Mes oeuvrettes n'étant
que des portraits de gens célèbres en couleurs pour journaux
à grand tirage, je n'avais aucune chance.(Seules les rencontres d'Arles
me firent le cadeau de m'accueillir chaleureusement).
Puisque j'avais le privilège de connaître Bertrand Delanoé,
je vins le voir dans son bureau et lui dis tout net: "Mon cher Bertrand,
toi qui est Maire de Paris, tu dois bien avoir l'idée d'un local quelque
part..." Il prend deux secondes pour allumer un cigarillo et me répond:
"Va voir la salle en bas. Si elle te plait, elle est à toi."
En bas, il voulait donc dire à l'Hôtel de Ville. Je courus aussi
sec à la salle Saint Jean et là, si vous me permettez l'expression,
les bras m'en tombent. On aurait dit une salle du Louvre.
Putain, me dis-je avec délicatesse, je ne suis quand même pas
Rembrandt. Entre Rembrandt et moi si j'ose dire, il n'y aps photo. C'est trop
beau cette histoire-là. Je remonte quatre à quatre les escaliers
jusqu'au bureau du Maire, prenant ainsi le risque de mettre en danger ma fragile
santé. Mu par une excitation mal contenue, je déclare à
Bertrand que l'occasion est trop belle et que je saute dessus. Il appelle
aussitôt deux dames de son staff, des personnes au demeurant charmantes.
Et je l'ai vu de mes yeux régler le problème en une minute trente.
Si ça, ce n'est pas de l'efficacité...
C'est ainsi qu'à partir du 30 Octobre, je vais exposer 256 photos,
tant des années 60 que des années 90. Et en grand s'il vous
plaît. Et puis on mettra aussi quelques canapés et de la musique
de fond pour que cela fasse moins musée car je ne prétend pas
exposer des "oeuvres majeures", il s'agit d'un specacle et je voudrais
seulement que les gens passent un bon moment. Merci donc à Bertrand
Delanoé de m'accorder sa confiance en me faisant le cadeau d'une gloire
posthume alors qu'à ma grande surprise, je suis encore vivant."
Jean-Marie Périer,
