
Jean-François Jonvelle
EXPOSITION “HOMMAGE” du 04 Mars au 20 Avril 2002
Jean-François Jonvelle est né en 1943 à Cavaillon.
Plus tard, il vendra
ses célèbres melons pour s'acheter un Hasselblad.
Pas d'études dignes de ce nom, juste un certificat. Il prend ses inspirations
ici et là, dans la peinture chez Balthus, Bacon, Schiele, mais sa vraie
culture vient du cinéma avec Mankiewicz, Lubitsch, Fritz Lang, Orson
Welles, Arthur Penn, Minnelli, Hitchcock, Marcel l'Herbier, Tourneur, plus
récemment "Brazil" de Terry Gilliam qu'il avouait avoir vu
onze fois. Son film préféfé : "Jules et Jim"
de François Truffaut.
En 1959, c'est Georges Glasberg, photographe, qui l'initie à la photo
en lui faisant faire le tour de France des cathédrales, une passion
pour la photo qui ne le quittera jamais. A l'âge de 20 ans il devient
l'assistant du photographe américain Richard Avedon. Il est ensuite
devenu indépendant, travaillant toujours autour des femmes.
Sa petite soeur, sa maman dont il a toujours été très
proche, et sa grand-mère seront ses "premières victimes
consentantes". Première muse et complice, Tina Sportolaro qu'il
rencontre en 1982 et avec qui il réalise quelques-unes de ses plus
belles images. Viendra Béatrice en 1985. Puis Maud Marker, qui contrairement
aux autres femmes avec lesquelles il partagera des moments de vie, n'a pas
envie d'être prise en photos. Elle, en tailleur Chanel rose bonbon,
lui en jeans et baskets. Elle est l'opposé des femmes qui l'attirent
habituellement. Elle s'occupe des castings, le conseille dans ses choix et
devient son agent jusqu'en 2000.
Il disait volontiers que son sujet préféré était
les femmes qu'il aimait. Il est notamment l'auteur des photos de la campagne
de pub qui avait révolutionné l'affichage publicitaire dans
les années 80 "Demain j'enlève le bas".
Il avait publié en 1998 un album de photos qui était une sorte
d'encyclopédie du décolleté, intitulé "balcons"
et se décrivait lui-même comme "un obsédé
sexuel sentimental, un voyeur né". "Quand je photographie
une femme, avait-il dit, je veux qu'elle sache qu'elle est la plus belle de
la terre, parce qu'une femme qui se sent belle est vraiment la plus belle
femme du monde. Mon bonheur, c'est aussi de n'avoir jamais entravé
ma liberté, ni perdu ma fraîcheur, mon instant".
Il nous a quitté le 16 janvier 2002.
