
Ron Galella
Ron Galella (1931) est sans doute le plus grand paparazzo new yorkais.
L'hebdomadaire Newsweek l'avait baptisé "Paparazzo Extraordinaire". A sa grande époque, Jackie Kennedy avait obtenu des tribunaux qu'il reste à une distance de 25 pieds (7,5 mètres) derrière elle. Et lorsque Galella suivait Marlon Brando, il avait l'habitude de porter un casque de footballeur américain, histoire d'éviter le punch de l'acteur de Sur Les Quais (qui lui avait valu de récolter $40.000 en dommages intérêts).
C’est Andy Warhol qui m’a présenté Ron Galella. Andy adorait Ron à sa façon, toujours si complexe. Il disait "Tiens, voici euh, Ron Galella. Le meilleur photographe". En dévisageant ce type d’apparence ordinaire bardé de matériel de paparazzo, avec son accent de banlieue et son costume froissé, les gens pensaient qu’Andy se moquait d’eux, d’une certaine manière. Mais il ne s’agissait nullement de moquerie. Andy appréciait réellement Galella. Je pense que Warhol s’identifiait à un Ron attiré par les célébrités, persévérant et atypiquement perfectionniste. J’imagine aussi qu’Andy admirait le courage de ce type ordinaire, qui n’hésitait pas à se mettre en danger pour approcher des personnalités de la trempe de Jackie Onassis, à la recherche permanente de l’image exceptionnelle. Andy distinguait en Galella une qualité qui échappait au commun des mortels : il s’agissait d’un photographe d’exception. Pour Andy, Galella n’était pas un voyeur ou un fou, mais simplement le meilleur des paparazzi. C’était un artiste dans un domaine non reconnu comme étant un art. Andy avait aussi un faible pour cela. Je pense que son oeil a su voir le plus grand photographe portraitiste interdit de notre temps.
Portrait de Ron Galella par Glen O’Brien.
WARHOL That's Great ! |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
