
Vee Speers
EXPOSITION "IMMORTAL" du 19 mai au 31 Juillet 2011
EXPOSITION “THE BIRTHDAY PARTY” du 6 février au 10 avril 2009
Photographe d’origine
australienne, Vee Speers vie et travaille à Paris depuis un vingtaine
d’année.
De Karl Lagerfeld à Elton John, tous ont succombé à son
travail souvent perçu comme intemporel
.
Dans son ouvrage « The Birthday Party », Vee Speers, dévoile
une galerie de portraits d’enfants aux attitudes naïves mais aux
manières étrangement décalées.
Une pléthore d’images aux assonances métaphoriques, qui
plonge le spectateur dans un univers tragi comique à la beauté
primaire.
Des masques et des costumes renforcent cette énigmatique sensation…
« The Birthday Party » rappelle l’élégance
retrouvée des années 50, dont les couleurs délavées,
s’apparentent aux cartes postales d’un 19ème siècle
retrouvé..
Dans « The
Birthday Party » Vee Speers organise une fête imaginaire ou ses
invités sont des enfants. Mais de quelle fête s’agit-il
? Ni gâteau d’anniversaire, ni jeux, ni ballons ; les enfants
semblent étrangement laconiques et menaçants. Poser devant un
appareil est devenu naturel pour un enfant , qui n’est désormais
que trop conscient de son impact photographique. Les portraits qui en résultent
sont défiants et théâtraux, mais également macabre
s et mélancoliques. L’arrière plan est débarrassé
de tout signifiant et le photographe est tout près de son sujet. Les
enfants ne sont pas acculés mais presque. On imagine une lutte entre
l’observateur et son sujet, créant une tension presque palpable,
qui donne aux plus innocents de ces enfants un air menaçant à
peine contenu.
Cette atmosphère se retrouve dans les jouets que tiennent les enfants
en toute décontraction: un arsenal incluant des armes à feu,
un piège à souris et même une masse d’armes.
Vee Speers ne fait pas que resservir les clichés usuels
de l’enfance ; elle pousse les codes narratifs de cette dernière
dans leur rattachements et dépasse les stéréotypes classiques
des garçons armés et des filles jouant à la poupée.
Ici les garçons sont en tutus et les filles portent des costumes. Nul
ne sait contre qui ces enfants imaginent se battre, s’agit-il d’un
conflit international dans lequel ils mimiquent les adultes , ou bien d’une
guerre émanant de leur imagination débordante, dans laquelle
la survie des plus forts est déterminée par des jeux d’alliance
sociologique complexes.
L’intemporalité de ces portraits est essentielle. Souvent la
photographie rappelle le passé et c’est certainement le cas ici.
Les couleurs délavées sont celles de cartes postales de bord
de mer, ou de photos du XIXème siècle reprises à la main.
Les enfants semblent être les survivants d’un monde anéanti,
et soumis à un nouveau mode de vie périlleux.
Vee Speers utilise l’enfance sur un arrière-plan
de fête imaginaire pour évoquer les inquiétudes inhérentes
à la société actuelle, en situation de menace permanente,
comme l’illustre le terrorisme et la réaction des grandes puissances
à ce dernier.
Susan Bright
